CHAPITRE II
Lorsque les Montdore et Polly revinrent des Indes, j’avais déjà fait mes premiers pas dans le monde. La mère de Linda, ma tante Sadie – Lady Alconleigh – nous avait emmenées, Linda et moi, à quelques soirées pour débutantes, fréquentées par une jeunesse aussi timide que nous l’étions nous-mêmes. Ces « parties » sentaient les tartines beurrées et la nursery ; elles ne ressemblaient, à aucun degré, aux véritables réceptions du monde et ne nous préparaient guère à y faire bonne figure.
À la fin de l’été, Linda nous annonça ses fiançailles et je regagnai le Kent, où une autre de mes tantes, tante Emily – la femme de mon oncle Davey – avait accepté, depuis le divorce de mes parents, de les débarrasser de la charge et du tracas de parfaire mon éducation.
Je m’ennuyais ferme chez eux, ainsi qu’il est assez commun aux filles qui, pour la première fois de leur vie, n’ont plus ni répétitions, ni sorties pour s’occuper l’esprit. C’est au milieu de cet ennui que me tomba du ciel une invitation à passer un week-end à Hampton au mois d’octobre. Ce jour-là, tante Emily me rejoignit dans le jardin, où je me reposais. Elle tenait à la main la lettre de Lady Montdore.
« Lady Montdore, me dit-elle, m’explique qu’il s’agit d’une réunion plutôt sérieuse : grandes personnes, jeunes mariés, etc. Mais elle veut que tu tiennes compagnie à Polly. Et, naturellement, il y aura deux jeunes gens pour s’occuper de vous. Oh ! je voudrais tant annoncer la nouvelle à Davey. Mais c’est justement aujourd’hui qu’il s’enivre. Quel dommage ! »
Force nous fut de prendre patience. Oncle Davey avait sombré dans une totale inconscience et le bruit de ses ronflements emplissait la maison. Loin d’être pour Davey une partie de plaisir, ses crises d’intempérance avaient toujours un but thérapeutique. En fait, il suivait, depuis quelque temps, un régime tout nouveau de rééducation qui – nous assurait-il – faisait fureur sur le Continent.
« Il importe, expliquait-il, de se réchauffer les glandes en les secouant. Rien de plus dangereux, pour le corps humain, que de s’acagnarder dans une petite vie tranquille ; une telle pratique vous conduit tout droit à la vieillesse et à la mort. Secouez vos glandes, forcez-les à réagir, à rajeunir, gardez-les sur le qui-vive, anxieuses de ce que vous allez leur faire subir : alors elles resteront jeunes et vigoureuses, prêtes à répondre à toute attaque ! »
Fidèle à sa théorie, tantôt il jeûnait comme Gandhi, tantôt s’empiffrait comme Henry VIII ; dévorait des kilomètres ou restait à plat de lit le jour entier ; grelottait dans un bain froid ou s’étouffait dans la vapeur. Jamais rien de modéré.
« Il est également très important – ajoutait-il – de s’enivrer de temps à autre. »
Mais oncle Davey demeurait trop imbu de précision pour ne pas apporter un rythme parfait à ses débordements mêmes. C’est ainsi qu’il avait choisi, pour s’enivrer, chaque période de pleine lune. Ayant subi autrefois l’influence de Rudolf Steiner, il attachait une extrême importance aux phases de la lune et n’était pas éloigné de penser que le volume apparent de celle-ci coïncidait avec la capacité réelle de son estomac.
Oncle Davey était mon seul contact avec le monde ; non pas le monde des petites jeunes filles fraîches émoulues de leur nursery, mais le vrai grand méchant monde. Mes tantes s’en étaient tôt retirées et s’en faisaient une idée assez confuse ; quant à leur sœur – ma mère – elle s’y était perdue depuis longtemps. Davey, lui, aimait le monde par intermittences et y faisait souvent, en célibataire, des incursions dont il revenait farci d’histoires amusantes.
J’avais grand’hâte de lui parler de cette invitation chez les Montdore, qui m’apparaissait pleine de promesses.
« Tante Emily, êtes-vous sûre qu’il soit tout à fait ivre ?
— Oh ! oui, ma chérie. Il faut attendre demain. »
Cependant, comme elle avait coutume de répondre aux lettres par retour du courrier, elle écrivit à Lady Montdore qu’elle acceptait. Mais le lendemain, lorsque Davey apparut, le teint verdâtre et la tête épouvantablement douloureuse (« Oh ! c’est merveilleux, vous savez ! Un tel changement dans mon métabolisme ! Je viens d’en parler au docteur England : il est enthousiasmé par ma réaction »), et que nous l’eûmes mis au courant de nos projets, il n’approuva pas ma tante d’avoir si promptement répondu.
« Ma chère Emily, dit-il après avoir parcouru la lettre de Lady Montdore, cette enfant va mourir de peur, c’est évident. »
Il avait raison : je l’avais su, au fond de mon cœur, dès que tante Emily m’avait lu cette lettre. Mais j’étais déterminée à aller à Hampton ; cette visite me fascinait.
« Je ne suis plus un bébé, Davey, dis-je.
— Il y a belle lurette, me répondit-il, que les grandes personnes elles-mêmes meurent de terreur dans cette sacrée maison ! Deux jeunes gens pour Fanny et Polly ! Allons donc ! Deux gigolos de deux vieilles folles en villégiature à Hampton, oui ! Et je sais ce que je dis ! Quelle horreur, Emily ! Si vous prétendez lancer cette enfant dans la haute société, il faut d’abord qu’elle en connaisse les secrets. Franchement, je ne comprends rien à votre manière d’agir ! Vous prenez soin, d’abord, qu’elle ne rencontre que les brebis les plus innocentes qui soient, vous la cantonnez dans Pont Street – c’est un point de vue qui se défend, remarquez-le bien, et je ne le critique pas – mais, tout d’un coup, vous la précipitez du haut des falaises dans les remous de Hampton Park sans songer qu’elle risque fort de s’y noyer !
— Oh ! ces comparaisons, Davey ! C’est tout cet alcool que vous avez bu ! dit tante Emily, fâchée cette fois-ci.
— Laissez mon alcool tranquille, Emily. Et toi, Fanny, écoute-moi. D’abord, ne compte pas trop sur ces prétendus jeunes gens pour t’amuser ; ils n’auront pas de temps à perdre pour des petites filles comme vous. D’autre part, quelqu’un sera sûrement là : je veux dire le Satyre Mondain ; et, comme tu as précisément l’âge qui l’intéresse, il est impossible de prévoir à quelle sorte de petits jeux il essayera de t’inviter !
— Oh ! Davey, dis-je, vous êtes affreux ! »
Le Satyre Mondain n’était autre que Boy Dougdale. Les petites Radlett l’avaient ainsi surnommé après une conférence qu’il fit à l’institut féminin de tante Sadie. La conférence, semblait-il, – je n’y assistais pas, – avait été fort insignifiante, mais, après la séance, les manières du conférencier envers Linda et Jassy avaient été, par contre, des plus significatives.
« Tu sais quelle vie cloîtrée nous menons ici, m’avait expliqué Jassy, lorsque je me rendis à Alconleigh, quelques semaines plus tard. Naturellement, ce n’est pas très difficile d’exciter notre curiosité. Tu te souviens de cet adorable vieux type qui est venu nous faire une causerie sur les barrières de péage en Angleterre et dans le Pays de Galles ? C’était plutôt rasant, mais cela nous avait amusées tout de même ; la prochaine fois, il nous parlera des différentes espèces d’allées forestières. Quant à la conférence du Satyre Mondain, elle roulait sur les duchesses ; et les duchesses, tu penses, c’est rudement plus drôle que les barrières de péage ! Mais le plus merveilleux, c’est qu’après la conférence ce vieux satyre nous a donné un avant-goût de l’amour physique… Oui, ma chère ! Quel frisson, tu te rends compte ! Il a emmené Linda sur le toit et lui a fait toutes sortes de choses exquises. Linda nous a expliqué qu’elle avait, du moins, très bien compris à quel point ces choses auraient pu être exquises venant de quiconque sauf du satyre. En redescendant du toit, il est entré à la nursery et m’a pincée, moi aussi, à plusieurs reprises, d’une manière terriblement sensuelle ! Ah ! Fanny, reconnais qu’il se passe tout de même des choses ! » Tante Sadie, bien entendu, ignorait « ces choses » ; elle en serait morte d’horreur. Oncle Matthew et elle détestaient Mr. Dougdale ; pour sa conférence, tante Sadie en avait bien prévu les défauts : une sorte de récitation sèche, d’un snobisme prétentieux et qui ne convenait nullement à un auditoire villageois ; mais elle éprouvait de telles difficultés à assurer, chaque mois, dans ce canton reculé, le programme de l’institut féminin que, lorsque Boy Dougdale lui avait proposé de venir, elle s’était tout de suite résignée. Elle connaissait le surnom dont ses filles l’avaient affublé, mais elle pensait à une innocente moquerie et était à cent lieues d’en imaginer les motifs terriblement précis… bien que, avec les Radlett, on pût s’attendre à tout. Par exemple, pourquoi Victoria mugissait-elle comme un taureau et menaçait-elle de tuer Jassy chaque fois que celle-ci, pointant le doigt vers elle d’un air mystérieux, criait de sa voix pointue : « Chiche ? » Mais, au fond, le savaient-elles elles-mêmes ?
Lorsque je revins à la maison, je racontai à oncle Davey l’histoire du Satyre, et il manqua étouffer de rire ; mais il me recommanda de n’en pas souffler mot à tante Emily, afin, dit-il, d’éviter un épouvantable scandale dont la seule victime serait, en fin de compte, la femme de Boy, Lady Patricia Dougdale.
« Elle a déjà bien assez d’ennuis comme cela, la pauvre créature, ajouta oncle Davey. Et, d’ailleurs, à quoi bon dévoiler le pot aux roses ? Ces petites Radlett sont destinées à mal tourner ; elles tomberont de plus en plus bas sans jamais s’arrêter. Cette pauvre Sadie a couvé des canards, mais, grâce au Ciel, ne s’en doute pas ! »
Ces remarquables événements avaient eu lieu un an ou deux avant la période où se situe mon récit, et le surnom de Boy avait été adopté par la famille, au point que tous, petits et grands, nous n’aurions jamais songé à le désigner autrement. Tante Sadie, seule, élevait parfois une protestation de principe. Mais le surnom demeura ; il lui allait d’ailleurs comme un gant.
« N’écoute pas Davey, me dit tante Emily. Il est d’une humeur impossible. La prochaine fois, nous attendrons la fin de la lune pour aborder avec lui de tels sujets. Il n’a de bon sens qu’à jeun, il y a longtemps que je m’en suis aperçue. Et maintenant parlons de tes robes, Fanny. Les « parties » de Sonia sont toujours extrêmement habillées. Il faudra te changer pour le thé. Ta robe d’Ascott, si nous la faisions teindre en rouge, un beau rouge foncé, je crois qu’elle ferait très bien l’affaire. Heureusement nous avons encore un bon mois devant nous ! »
Pour moi aussi, la perspective de ce mois de répit était réconfortante. Mon désir d’aller à Hampton demeurait toujours aussi vif ; cependant, à la seule idée de cette visite, je tremblais de peur dans mes souliers ; non pas tant à cause des pronostics d’oncle Davey, mais parce que de vieux souvenirs ressuscitaient dans ma mémoire et me prouvaient à quel point je m’étais ennuyée à chacun de mes précédents séjours à Hampton.
Les salons de Lady Montdore avaient de quoi terrifier un enfant. On estimera sans doute que, pour une fille accoutumée comme je l’étais à une maison chroniquement dévastée par oncle Matthew Alconleigh, plus rien ne saurait être un motif d’effroi. Mais, contre les colères de ce vieil ogre tapageur, de ce mangeur de petites filles, qui parcourait toute la maison en rugissant, il existait du moins un sûr refuge ; le boudoir de tante Sadie qui, seule, osait lui tenir tête. À Hampton, la peur changeait de nature : calme et glacée, elle planait sur tous les salons du rez-de-chaussée. Enfants, on nous y descendait de force après le thé, lavées, frisées et pomponnées ; nous étions introduites dans la grande galerie, archi-bondée, semblait-il, de grandes personnes impressionnantes, occupées à jouer au bridge. Et la malédiction du bridge réside en ceci que, sur les quatre personnes de chaque table, l’une au moins a tout loisir d’errer dans la pièce et d’adresser des galanteries aux petites filles.
Mais les « morts » eux-mêmes continuaient, le plus souvent, de suivre attentivement le jeu et nous restions assises, bien tranquilles, sur la peau du grand ours blanc, devant la cheminée, à feuilleter un livre d’images ou à jaboter entre nous jusqu’à l’heure bénie d’aller au lit. Bien souvent, cependant, il arrivait à Lord Montdore ou à Boy Dougdale d’abandonner leur partie sous prétexte de s’amuser avec nous. Lord Montdore nous lisait à haute voix un conte d’Andersen ou un passage d'Alice au pays des merveilles, mais il y avait un je ne sais quoi dans la manière dont il lisait qui me mettait atrocement mal à l’aise. Polly, elle, étendue de tout son long, sa tête appuyée contre celle de l’ours blanc, ne prêtait pas la moindre attention à la lecture, j’en suis convaincue.
C’était bien pire encore lorsque Boy Dougdale imaginait de nous faire jouer à cache-cache ou à la sardine, jeux dont il raffolait, mais auxquels il jouait d’une manière que Linda et moi trouvions « chtupide ». Le mot stupide, ainsi prononcé, avait une signification spéciale pour les Radlett et moi dans notre langage d’enfants ; mais, après la fameuse conférence du Satyre Mondain, nous comprîmes à merveille que la manière de jouer de celui-ci cachait beaucoup plus de savante concupiscence qu’elle ne montrait de réelle stupidité.
Aussi longtemps que durait le bridge, nous échappions du moins à la surveillance de Lady Montdore qui, fût-elle « morte », ne levait pas les yeux du jeu ; mais si, par malheur, elle décidait d’abandonner sa place à un invité solitaire, elle nous contraignait de jouer avec elle à la crapette, un jeu diabolique où j’étais toujours en retard et qui me rendait idiote.
« Allons ! Dépêche-toi, Fanny ! Pose ton sept de pique, voyons ! Nous attendons tous. Ne sois pas dans la lune, chérie ! »
Naturellement, elle ne manquait pas un point et gagnait à tous les coups. Rien ne lui échappait non plus de notre tenue : escarpins usés, bas dépareillés, robes un peu courtes ou trop étroites, comme il arrive d’en porter à l’âge où l’on grandit trop vite, tout était enregistré par son œil infaillible. Terrible rez-de-chaussée ! Et terribles soirées !
Au premier étage, nous nous sentions sauvées ; sauvées du moins des intrusions imprévues. Tout y était à sa place : les nurses dans la nursery, les gouvernantes dans la salle d’étude et tout le monde à l’abri des Montdore qui, lorsqu’ils désiraient voir Polly, ne se dérangeaient pas et l’envoyaient chercher. Mais l’atmosphère restait à l’ennui ; nous nous amusions bien mieux à Alconleigh. Ici, pas d’armoires mystérieuses, pas de conversations osées, pas d’escapades dans les bois pour y cacher les pièges ou y déboucher un terrier, pas de petites chauves-souris à nourrir avec des compte-gouttes à stylos à l’insu des grandes personnes – qui se font des idées absurdes sur les chauves-souris et pensent qu’elles sont couvertes de vermine ou qu’elles s’empêtrent dans les cheveux.
Polly était une petite fille conventionnelle et correcte qui vivait chaque heure de la journée avec un sens des bonnes manières, dans une perfection de maintien, une soumission aux règles de l’étiquette dignes d’une infante espagnole. On ne pouvait s’empêcher de l’aimer tant elle était ravissante et gentille ; mais elle glaçait toute tentative d’intimité.
Chère Polly ! Elle était juste à l’opposé des Radlett, qui ne pouvaient tenir leur langue et disaient les pires choses. Polly ne disait rien, même si elle en avait envie ; tout restait emmagasiné à l’intérieur d’elle-même. Je me souviens que Lord Montdore nous lut, un jour, l’histoire de la Reine des Neiges (j’avais du mal à l’écouter tant il y mettait d’expression) et je pensais que Polly, elle aussi, devait avoir un éclat de verre dans le cœur. Qu’aimait-elle, au fond d’elle-même ? Je me le suis toujours demandé. Mes cousines et moi avions des torrents de tendresse à déverser sur tout le monde, sur les grandes personnes, sur une quantité d’animaux variés et, avant tout, sur des héros – imaginaires ou historiques – dont nous étions éperdument amoureuses. Nous demeurions sans réticence et nous connaissions tous les sentiments que chacune d’entre nous nourrissait dans son cœur pour n’importe quelle créature, réelle ou inventée. Et quels cris ! Cris d’allégresse, de bonheur, de joie de vivre, qui résonnaient dans la maison d’Alconleigh ; sauf, bien sûr, lorsque nous pleurions à chaudes larmes ; mais c’était rare. La maison était toujours pleine de rires ou de larmes et, le plus souvent, des hurlements d’une joie déchaînée. Polly, elle, riait peu, ne criait pas, et je ne me souviens pas de l’avoir vue pleurer. Elle demeurait semblable à elle-même, charmante, douce et docile, polie, attentive, souriant aux plaisanteries de chacun, le tout sans exubérance, sans superlatifs et sans jamais se livrer.
Un mois encore avant cette visite à Hampton, dont je ne savais que penser… Un mois, une semaine… et puis, soudain, un jour, même pas : une heure, et me voici emportée vers Hampton Park, à travers la banlieue d’Oxford, dans une grosse Daimler noire. Grâce au ciel, j’étais seule et avais un bon bout de chemin – une trentaine de kilomètres – devant moi. Je connaissais bien la route pour avoir souvent chassé à courre dans les environs. Ah ! si ce voyage pouvait durer toujours…
Le papier à lettres de Lady Montdore portait l’en-tête suivant : « Hampton Place, Oxford, par Twyfold ». Mais l’arrivée par Twyfold, après changement de train et interminable attente à Oxford, était réservée aux gens sans défense et de peu d’importance ; les autres, on envoyait une voiture les quérir à Oxford. « Il faut toujours être prévenant envers les jeunes filles : on ne sait pas qui elles peuvent épouser » ; cet axiome a évité à maintes vieilles filles d’Angleterre d’être traitées comme une veuve hindoue.
Telles étaient les pensées que je ressassais, recroquevillée sur la banquette de la vieille Daimler, en regardant la campagne s’endormir dans le crépuscule bleu de l’automne. Dans le fond de mon cœur, je désirais passionnément revenir à la maison, ou, au pire, aller n’importe où au monde sauf à Hampton. Ici et là, je reconnaissais, le long de la route, des repères familiers. La nuit se faisait plus noire. J’eus le temps de deviner le panneau indicateur de la croisée de Merlinford. Et puis, une seconde plus tard, me sembla-t-il, nous franchissions la grille du parc. Horreur ! Horreur ! J’étais arrivée.